#23 – Une faillite, puis 1,9M€ en webinaires — William Synesius
Introduction
Dans cet épisode, je reçois William Synesius, qui a généré 1,9M€ avec ses webinaires après avoir fermé sa première entreprise et licencié toute son équipe.
Il se fait licencier un vendredi de 2013, et pendant l’entretien sa femme l’appelle pour lui annoncer qu’il va être père. Il achète son premier bien immobilier avant la fin de son préavis. Ce sont les loyers de ce bien qui paieront les salaires de ses employés, des années plus tard, le jour où sa société ne générera plus un centime.
Si tu vends des formations, tu repars avec du concret : pourquoi une activité rentable peut mourir quand même, comment sortir de l’opérationnel, pourquoi recruter des A-players est un mensonge, et la seule chose qu’il refuse de déléguer.
Si tu veux un business qui tienne debout sans toi, cet épisode est pour toi.
Chapitrage de l’épisode
0:00 – Teaser, sa croyance et sa force de travail
01:18 – Son enfance en Guadeloupe, sans mère ni père
06:05 – Les profils DISC, pourquoi il a longtemps joué le jaune
08:45 – L’histoire de Francisco, ses parents partis sans prévenir
15:14 – Le break dance et la battle pour intégrer le groupe
19:36 – Pourquoi il a quitté la Guadeloupe
21:38 – Le vendredi où son patron lui annonce son licenciement
23:59 – Le même appel, sa femme lui apprend qu’il va être père
26:58 – Le premier achat immobilier et toutes les erreurs de débutant
29:00 – Sa femme, la seule qui a cru en lui
34:21 – La danse, le travail et le goût de la compétition
41:48 – L’intérim et le CDI pour obtenir des fiches de paie
47:09 – Partager sa réussite et devenir l’homme à abattre
54:55 – Monter l’académie, recruter, puis tout fermer
59:08 – Le Portugal et la technologie des webinaires
1:03:11 – Structurer son équipe, la phrase à plusieurs millions
1:05:30 – Le Secret, la foi et le saut quantique
1:08:00 – Se sécuriser avant de scaler, et le burn-out
1:12:00 – Pourquoi recruter des A-players est un mensonge
1:14:30 – Entreprendre aux Antilles, le mythe du marché trop petit
1:18:00 – Le mot de la fin, être authentique dans un monde de clones
Il a fermé une entreprise rentable, puis généré 1,9M€ avec ses webinaires
Un vendredi de fin 2013, William Synesius reçoit 2 nouvelles en moins d’une heure.
La première vient de son patron, qui le retient au bureau en fin de journée. William s’attend à une augmentation, ses chiffres sont bons. Il reçoit un licenciement économique. Dernier arrivé, premier sorti, avec 4 mois de préavis.
La seconde arrive pendant l’entretien. Sa femme l’appelle. Elle a fait un test de grossesse le matin. Ils vont être parents.
Il a 28 ans, il gagne 1700€ par mois comme ingénieur BTP, et il vient de découvrir que personne ne l’avait préparé à ce moment.
C’est là que commence l’épisode 23 de la saison 2 de Out. Et ce qui suit concerne directement tous ceux qui vendent en ligne, parce que William n’a pas seulement rebondi. Il a bâti une activité rentable, il l’a vue mourir quand même, et il a tout recommencé en corrigeant exactement ce qui l’avait tuée.
La décision qu’ils prennent pendant le préavis
La plupart des gens attendent la fin du préavis pour agir. Sa femme fait l’inverse.
Elle est commissaire aux comptes. Elle sait une chose que William ignore encore : les 4 mois qui restent sont les derniers où il possède des fiches de paie et un avis d’imposition exploitables par une banque. Passé ce délai, il devient un dossier de crédit invendable.
Ils achètent leur premier bien immobilier à 185 000€ pendant le préavis.
Ils font au passage toutes les erreurs du débutant. Ils achètent plus cher que le marché. Ils choisissent du neuf en croyant éviter les travaux, et ils doivent quand même aménager. Ils prennent un crédit à la consommation par-dessus le crédit immobilier, avec 2 mensualités qui courent en même temps.
Le bien finit pourtant par s’autofinancer et par dégager de l’excédent. Et 2 heures après la fin de son contrat, William repart en intérim, puis retrouve un CDI. Pas par peur du vide, mais parce qu’il a compris la mécanique : il lui faut des bulletins de salaire pour continuer d’emprunter.
La leçon, pour un infopreneur, tient en une phrase. Ta capacité à financer ton patrimoine dépend d’un statut que tu perds au moment exact où tu deviens indépendant. Anticipe avant, jamais après.
Rentable ne veut pas dire solide
Quelques années plus tard, William et sa femme aident des proches à investir. Le bouche-à-oreille prend. Les gens paient. Ils n’ont aucune publicité, aucun intermédiaire, donc des marges qui donnent le vertige.
Alors ils accélèrent. Ils recrutent, ils louent 150 m² de bureaux, ils montent à 20 ou 30 personnes.
Et la boîte meurt quand même.
Voici son diagnostic, sans détour :
- Ils n’ont aucun indicateur, donc ils ne voient pas venir ce qui ne va pas.
- Ils n’ont aucun processus, donc chaque décision remonte aux fondateurs.
- Ils recrutent des amis, avec les conflits que cela produit ensuite.
- Ils vendent pour éteindre des incendies, jamais pour construire.
« Quand tu crées une entreprise et que tu n’as pas la maturité business, ta boîte est vouée à mourir. »
Le COVID arrive, et il le dit sans détour : c’est la meilleure chose qui lui soit arrivée. La crise leur donne une porte de sortie pour fermer proprement, payer tout le monde et arrêter l’hémorragie.
Le détail que je retiens, et que tu devrais retenir aussi : ce sont les loyers de ses biens immobiliers qui ont payé les salaires jusqu’au dernier euro, alors que la société ne générait plus un centime. Il s’était sécurisé avant de scaler. Sans cela, il repartait de zéro.
La règle des 2 interlocuteurs
En 2021, ils quittent la France pour le Portugal avec très peu d’argent, et ils reconstruisent sur un modèle inverse du précédent.
Plus de CDI par défaut, mais de l’agilité. Plus de bouche-à-oreille comme seul canal, mais du digital, avec des webinaires et des challenges. William est clair sur ce point : la technologie ne fait rien toute seule. C’est la fréquence qui décide du résultat. Si tu lances une fois tous les 6 mois, tu obtiens le résultat d’une fois tous les 6 mois.
Et il pose une règle de structure que peu d’entrepreneurs appliquent. Un dirigeant qui veut une entreprise stable communique directement avec 2 personnes, pas davantage. Au-delà, tout passe par lui, plus personne n’est autonome, et il n’a plus le temps de faire son propre travail.
C’est exactement ce qui avait tué la première société.
La phrase qui lui a rapporté plusieurs millions
Un ami, Enzo Honoré, observe son équipe et lui dit une chose que William n’avait jamais formulée : les gens dont il a besoin sont déjà là, il ne leur a simplement jamais donné de rôle.
Sa femme devient la directrice financière. Kevin, développeur, devient le directeur technique. Anastasia devient la directrice des opérations. Lui reste le dirigeant.
Rien n’a changé dans l’effectif. Tout a changé dans la clarté.
Il chiffre lui-même l’effet de cette seule conversation à plusieurs millions d’euros.
Pourquoi recruter des A-players est un mensonge
C’est la partie de l’épisode que je n’attendais pas, et c’est probablement la plus utile si tu diriges une petite équipe.
On te répète qu’il faut aller chercher des A-players. William soutient l’inverse. Les meilleurs éléments n’entrent pas dans une structure comme la tienne, et ils ne se déplacent pas pour de l’argent seul. En revanche, quelqu’un qui est déjà à tes côtés, qui n’a jamais lâché, qui te reste loyal, peut le devenir.
À condition que tu lui donnes les conditions de le devenir. Une rentabilité qui permet de le payer correctement, un périmètre où il exerce ce qu’il fait le mieux, et la sécurité financière qui lui permet de se projeter.
Autrement dit, tu ne recrutes pas un A-player. Tu le fabriques.
Ce qu’il refuse de déléguer
Il a délégué son support, sa production, ses opérations, sa chaîne YouTube.
Il n’a jamais délégué son Instagram, où il répond lui-même aux messages de plus de 40 000 abonnés. C’est par là que des marques le contactent, que des cabinets d’expertise comptable montent des partenariats avec lui, et c’est par là que ce podcast s’est fait.
« Le business vient des connexions. Si vous êtes inatteignable, on ne peut pas savoir qui vous êtes réellement. »
Sa conclusion sur le sujet vaut pour tout le monde. À l’ère où chacun produit du contenu en masse, ton histoire reste la seule chose que personne ne peut dupliquer. Tout le reste se fabrique en quantité.
Ce que tu peux en retirer cette semaine
- Vérifie ta capacité d’emprunt tant que tu as encore des revenus lisibles par une banque.
- Sécurise une source de revenus indépendante de ton activité avant de recruter.
- Compte le nombre de personnes qui dépendent directement de toi, et ramène ce nombre à 2.
- Écris noir sur blanc le rôle de chaque personne de ton équipe, même si vous êtes 3.
- Regarde qui est déjà autour de toi avant de chercher un profil à l’extérieur.
- Garde en main le canal où l’on peut te parler directement.
L’épisode complet est disponible sur YouTube et sur Spotify. William y raconte aussi son enfance en Guadeloupe, la danse qui lui a donné confiance, le burn-out qu’il a traversé, et le prix social à payer quand ton entourage voit que ça marche pour toi.
Francisco Teixeira
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